Comment valoriser la certification HVE dans le cadre de la vente ?

lundi 18 mars 2019

Robert Klingenfus, vigneron engagé dans la Haute Valeur Environnementale (HVE)

 

Robert Klingenfus est un homme engagé, notamment en Haute Valeur Environnemental (HVE), le plus haut des trois niveaux de la certification environnementale des exploitations agricoles. Ce représentant de la quatrième génération de vignerons alsaciens gère 26 hectares de vignes dans la Bas-Rhin, à moins de 30 km à l’ouest de Strasbourg, à Molsheim. Cet amoureux de la biodiversité est intarissable dès que vous lui parler de HVE. Certifié depuis 2008, il fait partie des premiers convertis. Interview d’un vigneron passionné pour qui cette certification est sans aucun doute un atout pour vendre ses vins auprès des acheteurs. Voici pourquoi :

A l’origine, pourquoi le HVE ?
Depuis 1976, je suis “bio light”. Je réduis les intrants à la vigne, et même à la cave. De la plantation à la commercialisation, ce qui m'intéresse, ce n’est pas de faire du vin un produit industriel, mais un produit sain et pur. Le HVE nous donne une certification et une qualité de production. Elle nous permet de mettre en avant le travail que l’on fait.

Comment parlez-vous à vos acheteurs de HVE ?
Je commence par expliquer aux acheteurs cette certification. Il est important de leur dire qu’elle n’est pas acquise à vie. Il y a une remise à niveau tous les trois ans et des contrôles inopinés. Ensuite, j’explique mon travail : pourquoi j'ai suivi cette formation et ce qu'elle nous apporte. Comme l’importance de la biodiversité.
J’ai réalisé un book d’environ 1,5 Kg qui se présente en plusieurs volets tournés vers le HVE. Avec toute une partie écologique, où l'on explique les insectes et les plantes et à quoi ils servent : ravageurs, araignées, papillons...

Vous réalisez 70 % de votre chiffre d’affaires à l’export. Vos vins sont présents partout dans le monde. Quels sont les pays pour qui le HVE est valorisant ?
Dans plusieurs pays. Comme aux Etats-Unis, car les Américains sont “pinailleurs”. La HVE rassure non seulement l'importateur, le distributeur, mais aussi le consommateur final. Quand je me rends sur place et que j'explique mon travail et celui des papillons, des araignées ou de la salamandre, ils sont ébahis. Ils comprennent l’importance de l'écosystème, cet équilibre entre la vigne et toute le reste de la nature.

Quels sont les atouts de cette certification aux Etats-Unis et dans les autres pays ?
Si nous n'étions pas HVE, nous pourrions vendre nos vins dans ce pays, mais ça serait plus difficile. On peut le dire : la HVE est une plus-value financière. A l'issue de mon discours auprès des acheteurs, je peux valoriser mes bouteilles entre 50 centimes voire 1€50 en plus par col. Les gens sont en confiance. Peut-être que l'on en vend moins, mais le retour est positif parce que les clients sont rassurés. Les Japonais et les Coréens ont besoin de sécurité car ils ont une phobie du terrorisme alimentaire. Nous leur apportons une garantie de la plantation de la vigne jusqu'au client final. La Russie est également un pays exigeant en terme de traçabilité. La HVE, qu'ils connaissent, est également important pour eux.

Et en France, comment réagissent vos clients ?
En France, mes premiers clients sont ceux que je rencontre lors des salons des vignerons indépendants. Pour moi, c'est la panacée, car je me retrouve en face de personnes qui ont besoin et envie de comprendre ce que l’on fait, comment on travaille avec la faune et la flore. Et à la dégustation, ils sourient aux arômes et s'épanouissent.
Les restaurateurs, notamment ceux qui font des produits frais, sont comme nous. Ils ont besoin d’expliquer et de valoriser leur travail.
Notre troisième clientèle est celle de la vente directe dans notre caveau qui fonctionne très bien. Grâce à cette certification, on s'est ouvert à l'oenotourisme. Lors des visites de notre vignoble, on présente la HVE. Sur le parcours, on explique les sols, les plantes, les insectes et l'utilité de notre travail et de la nature. Même les ados s’enthousiasment.

Quels sont vos autres conseils pour valoriser la vente de vin HVE ?
Mes clients que je connais depuis plus de 3 ans, sont maintenant avides de HVE. C'est un travail d'explications, mais avant tout de conviction, avec mon âme de paysan. Ils le sentent, c'est important. Je pense qu'il faudrait transmettre cette conviction aux viticulteurs. En fonction du besoin de mes clients, je transmets des informations. "Light" au début et au fur et à mesure des demandes, plus importantes. La fusion entre le producteur, l'importateur, le distributeur et le consommateur, se fait par le HVE. Parce qu'aujourd'hui, on a besoin de rêver. Au départ, cette certification est une contrainte. Mais en fait, c'est un univers, un infini. Pour moi, c'est devenu une passion. Même ma femme devient tout doucement jalouse.

Les Grappes - Les Grappes pro - So Wine

Propos recueillis par Anne Schoendoerffer

 

 

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