Les bonnes pratiques du e-commerce

lundi 18 mars 2019

 

Comment réussir à bien se valoriser et à vendre son vin sur le web ? Plusieurs solutions s'offrent aux vignerons. Elles varient selon l'organisation logistique que l'on est prêt à mettre en place derrière...Conseils de professionnels du secteur, Arnaud Daphy, de l'agence Sowine, et Loïc Tanguy, du site lesgrappes.com.

1er cas : Je souhaite tout gérer tout « de A à Z » : boutique en ligne, stockage du vin, préparation des commandes, livraisons...

Viser « L'excellence logistique » :
•    Les délais de livraison doivent être ultra-rapides car sur internet, les consommateurs sont habitués à l'excellence, comme sur Amazon. Cela nécessite d'être réactif pour déclencher la livraison du client.
•    En dessous d'une commande de 24 bouteilles, ce qui est souvent le cas sur internet, le transporteur habituel ne sera plus adapté : « Ils sont très bons pour livrer des palettes, mais des petites unités de caisses de 6 dans des boites aux lettres, ils ne savent pas faire», prévient Arnaud Daphy.
•    On peut passer par un système type Chronopost, UPS, TNT ou DHL, mais le coût important – compter autour de 3€/bouteille - ne rend plus très compétitif la vente sur ce canal. « Cela demande tout un travail de manipulation et contraint la plupart du temps le vigneron de se rendre à la poste à chaque commande de petites quantités, ce qui est pénible et compliqué  », ajoute Loïc Tanguy. Il est conseillé de choisir un pretataire qui propose un « tracking code » pour assurer la traçabilité du produit.
•    Enfin, s'occuper de la logistique dit aussi gérer les éventuels retours, les problèmes de casses, de livraison... Il faut aussi être prêt à gérer de « l'épicerie », les commandes sont souvent de quelques bouteilles ou cartons...
•    Eviter l'export, très compliqué, intérêt limité

Créer sa propre boutique sur internet :
•    Sur le site internet du domaine : faire appel à un professionnel (agences spécialisées) pour la créer. Il faut compter entre 3000 et 5000€. Prendre en compte les frais de maintenance et de mises à jour, entre 300 et 400€/an.
•    Les frais bancaires liés au système de paiement par CB coûtent environ 50€/mois, plus des commissions sur les ventes, entre 1 et 3% selon les banques. Sinon, possibilité de passer par un site spécialisé dans le paiement en ligne type stripe.com
•    Attention à la qualité des contenus et des photos, des fiches techniques, etc
•    Avoir une boutique en ligne demande du temps et de l'argent pour générer du trafic. Il faut faire de l’animation des ventes. Cela peut s'avérer compliqué pour un vigneron seul.  Si pas/mal fait, le volume de ventes peut être décevant. Il est donc conseiller d’étudier le retour sur investissement...
    => activer les clients de sa base CRM (pour une communication ciblée via newsletters, emailing, etc) et les visiteurs de passage au domaine pour qu'ils commandent le reste de l'année (=faire la promotion de son site)
        => aller en chercher de nouveaux : investir les réseaux sociaux, travailler son référencement google, achats de publicité sur médias sociaux… Et suivre de près, les statistiques de fréquentation du chaque canal pour mesurer leur rentabilité et audience.

Solution alternative
Pour éviter les frais de création de sa propre boutique, il est possible de passer par des sites comme Ocavo, Restons en vigne, etc. Les clients commandent et paient via le site, à charge au producteur de s'organiser pour préparer la commande et livrer rapidement.

« Ma conviction profonde est que c'est compliqué de s'organiser pour gérer ce métier », commente pour sa part Loïc Tanguy


2ème cas : Je veux conserver mon vin chez moi (stockage) mais qu'on me facilite la vie pour la préparation des commandes et la livraison...

On peut passer par des sites e-commerce spécialisés comme Twil,  lesgrappes, destinés aux particuliers ; pour les professionnels : lesgrappespro, Actiwine.
La préparation de la commande reste à la charge du vigneron mais la livraison est rapide et facilitée : emballages fournis et enlèvement et transport organisés par le site, qui gère aussi les éventuels problèmes liés à la livraison.

Avantages de ce type de site : maîtrise de l'image, des prix, interaction avec ses clients possible, moins de complications liées à la logistique. Ils se chargent aussi de l'animation des ventes et de la communauté.
Inconvénient : coût supérieur, avec commissions prises sur les ventes la plupart du temps.

« On gagnera moins d'argent mais on s'embêtera moins », résume Arnaud Daphy.

3ème cas : Je ne veux rien gérer, ni stockage ni logistique

Deux sous-catégories se présentent :

•    Votre vin n'est pas vendu à la plateforme mais simplement entreposé sur un site logistique : cas de Plugwine/ site des Vignerons indépendants, qui vend et gère à votre place le stockage et la logistique. A noter que parfois le flux est insuffisant, ce qui conduit à des cartons qui dorment dans l'entrepôt plusieurs mois...). Par ailleurs, il faut bien mesurer le coût du stockage à financer et de son risque de générer une mauvaise rentabilité si ventes insuffisantes.

•    Votre vin est acheté, stocké et revendu par un site : on ne parle alors plus de « vente directe »
•    Sur des sites spécialisés comme Vinatis, Wine&co, Ventealapropriete.Com, 1 jour 1 vin, Venteprivee... Il est conseillé de ben regarder les prix de vente pratiqués afin qu'ils ne concurrencent pas votre propre réseau traditionnel (cavistes) ; ils doivent être revendus au même prix que celui pratiqué/ revendeur.
•    Sur des sites d’e-commerce plus généralistes : C-Discount, Leclerc : idem, attention aux prix pratiqués. Ces sites ne permettent pas la maîtrise de l'image et de la politique tarifaire avec ce genre d'acteurs

 

 

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