Un logo occitan pour valoriser les vins bio en conversion

mercredi 25 juillet 2018

Ce logo doit permettre à la région Occitanie de maintenir son objectif ambitieux : convertir à la bio la moitié de ses surfaces en dix ans. - crédit photo : FranceVinBio

 

Réservé au vignoble occitan, ce label se pose en aide financière aux vignerons passant au bio, grâce à l’engagement du négoce d’en payer le prix. Les metteurs en marché n'arrivant pas à répondre à la demande.

Pour inciter les vignerons conventionnels à convertir leurs domaines en bio, la région Occitanie (ex Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées) et l’association interprofessionnelle des vins biologiques d’Occitanie (SudVinBio) lancent un logo : « CAB ». Indiquant un vin occitan en deuxième ou troisième année de Conversion à l’Agriculture Biologique (CAB), ce label doit permettre de répondre à la demande croissante de la grande distribution. Disponible dès les prochaines vendanges, ce label devrait permettre à 250 000 hl de vin du millésime 2018 de se distinguer en linéaires, d’après les estimations de conversions de SudVinBio.

« Aujourd'hui, nous avons une production de vins bio inférieure à la demande. Alors que la consommation progresse de +20 % en France, le taux de conversion du vignoble est de +4 %. Il faut donner une solution d’approvisionnement aux metteurs en marché et relancer la machine de la conversion » pose Patrick Guiraud, le président de SudVinBio. Sachant qu’« il n’y aura pas d’ambiguïté entre ce logo en conversion et celui de la certification. Il ne s’agit pas d’AB mais de CAB, il n’est pas carré mais rond. Et son vert est plus clair » précise le vigneron languedocien.

Charte CAB

Pour utiliser ce label, un vigneron doit respecter la charte CAB de SudVinBio. Ce qui implique d’adhérer à l’interprofession (pour un coût allant 150 à 600 euros selon les surfaces en production), d’être basé en Occitanie, de faire certifier sa conversion et de fournir une analyse de résidus phytos. Dans le cas d’une vente en vrac, seuls les négociants ayant adhéré à SudVinBio pourront apposer le logo CAB sur leurs cuvées.

Pour rendre la démarche attractive, les metteurs en marché membres de SudVinBio (comme les groupes AdVini, Gérard Bertrand, Paul Mas, Domaine Auriol…) se sont engagés à valoriser ces volumes en conversion « à un niveau proche d'un vin certifié bio » se réjouit Patrick Guiraud, qui voit dans ce revenu supplémentaire une aide à passer le cap technique des deuxième et troisième années de conversion.

"En 2012, on a omis un logo pour la conversion"

Réglementairement, ce label CAB illustre la mention réglementaire « produit en conversion vers l’agriculture biologique » (qui n’est accessible qu’à partir de la deuxième année de conversion). « En 2012, la réglementation européenne sur la vinification bio a donné le droit aux vins d’utiliser le logo AB [Agriculture Biologique]. Mais on a omis de mettre en place un logo pour communiquer sur la conversion » explique Patrick Guiraud. Le président de SudVinBIo se souvenant qu’« à l’époque la conversion ne se valorisait pas, à cause de la forte progression des surfaces en bio », le vigneron languedocien souligne que « maintenant, il y a eu un ralentissement et la production est déficitaire ».

Ce logo doit permettre à la région Occitanie de maintenir son objectif ambitieux : convertir à la bio la moitié de ses surfaces en dix ans. Et ainsi réagir à une concurrence internationale croissante. Si le vignoble bio français est, relativement, constant à 70 000 hectares, ceux voisins d'Espagne et d'Italie ne cessent de croître (respectivement de +11 et +24 % par an, à 106 et 103 000 ha).

[Vidéo] Comment positionner ses vins sur le segment ultra-premium ?

Par Alexandre Abellan / mercredi 25 juillet 2018



[Vidéo] Comment la norme RSE* peut-elle valoriser votre vin ?

Par Alexandre Abellan / mercredi 25 juillet 2018



Comment aménager son caveau de vente pour optimiser ses ventes ?

Par Alexandre Abellan / mercredi 25 juillet 2018



Partagez cette page sur

Inscrivez-vous à notre Newsletter