Champagne : le vignoble prépare un grand relooking

Par Marion Sepeau Ivaldi / jeudi 5 octobre 2017

Maxime Blin (à gauche) et Corinne Genin (à droite). - crédit photo : Marion Sepeau Ivaldi

 

Exit la danseuse faite en muselet, l’immuable logo avec ses vignerons en plein labeur… l’image des Champagnes de vignerons va changer d’univers ! Le Syndicat général des vignerons de Champagne annonce une nouvelle bannière de communication qui sera dévoilée cet automne. Mais pourquoi ce changement de style ? « De manière structurelle, les Champagnes de vigneron perdent des parts de marché tant sur le marché intérieur qu’à l’export » commente Maxime Blin, vigneron, représentant Maxime Toubart, président du Syndicat, lors de la conférence de presse que le Syndicat donnait à Paris le 26 septembre*. Ainsi, sur les six premiers mois de l’année 2017, les volumes commercialisés par les vignerons sont en retrait de 3,2 % tous marchés confondus (marché intérieur et export). Et cela fait 10 ans que cela dure.

Chercher la rencontre

Comment réagir face à ce marché en mutation ? Depuis deux ans, la politique initiée cherche à innover en privilégiant l’atout des vignerons, celui de créer un rapport particulier, chaleureux, humain avec le consommateur (comme le soulignait l’étude consommateur financée par le SGV l’an dernier). A titre d’exemple, le syndicat ouvre dans ses locaux l’été, un bar éphémère où les touristes peuvent découvrir les Champagnes et surtout rencontrer les vignerons. Le bilan de la deuxième année est d’ailleurs tout à fait positif : 4000 personnes ont fréquenté le lieu cet été, à 80 % des touristes d’origines étrangères âgés de moins de 35 ans. Ce bilan positif l’est moins pour la boutique éphémère ouverte en décembre 2016 à Paris. Si ce lieu a permis de générer une belle image et une communication positive, le chiffre d’affaires n’a pas suivi.

Occuper le terrain

Tirant les conclusions de ces expériences, le Syndicat ajuste ses ambitions mais ne change pas de cap. « Nous avons des ambitions accrues pour 2018 » martèle Maxime Blin. D’ailleurs, le Syndicat s'interroge sur d’autres actions à mener et s’autorise toutes les idées. L’idée d’un bar parisien dédié aux champagnes de vignerons ? La directrice générale du syndicat, Corinne Genin reste prudente : « les idées doivent être mesurées au vu du budget du syndicat. S’il est conséquent, il n’est pas extensible. Faire un choix s’est aussi renoncer à d’autres actions ». Il est aussi question de présence dans les salons B to B en France (avec Vinovision) mais aussi à l’étranger (Hong Kong International Wine Fair, Alimentaria).

Derrière cette stratégie en pleine construction se meut l’ambition de permettre à chaque vigneron de créer de la valeur ajoutée, l’obsession du Syndicat étant l'augmentation du prix de vente. Cette politique d’encouragement de la hausse des prix, s’inscrit d’ailleurs en parfaite harmonie avec la stratégie globale du vignoble. Jean-Marie Barillère, coprésident du Conseil Interprofessionnel des Vins de Champagne (CIVC), expliquait ainsi lors du salon Prowein en mars 2017, que la création de valeur ajoutée était la seule réponse à la concurrence féroce qu’opèrent certaines bulles étrangères sur le marché européen et les pays tiers. Un avis à demi-partagé par les Vignerons indépendants de Champagne qui réclamaient en juin dernier une hausse des rendements autorisés, certains stocks étant au plus bas. Et Maxime Blin de couper court au débat : « si certaines exploitations n’ont plus de bouteilles à vendre, il faut se poser la question de l'augmentation du prix. Malheureusement, c’est un mal pour un bien ».

 

*Le président rendait hommage à Patrick Lebrun, décédé accidentellement la semaine dernière.

 

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