Une baisse de commercialisation mais des retiraisons en hausse

mardi 25 avril 2017

L'IGP Pays d'Oc connaît une campagne en retrait tant sur les volumes que sur les prix. - crédit photo : DR

 

Au 14 avril, Inter Oc enregistre un recul de 811 502 hl sur les contrats toutes couleurs confondues, à 4 176 207 hl contractés depuis le début de la campagne (-16,3% versus 15/16). Pays d’Oc vit donc, cette campagne un vrai recul sur le marché du vrac, qui n'est sans doute pas étranger à la contraction des disponibilités : la région languedocienne a vendangé 1,3 million d’hl en moins que l’an passé et déclaration dans la catégorie sont en recul de 402 300 hl.

Dans cette tendance baissière, ce sont les blancs qui souffrent le plus, perdant du terrain à -26,1 % (soit un recul de 247 798 hl contractualisés à 701 746 hl). Ce recul est également observé dans d’autres régions telles que Bordeaux et le Sud-Ouest, posant une vraie question sur cette couleur au niveau national.

Les cépages rouges perdent 14,2 % (soit -314 181 hl à 1 905 041 hl contractualisés) et les rosés 17,6 % (-167 425 hl à 785 136 hl). Les cépages qui souffrent le plus sont : la syrah pour les rouges ; le cinsault, le grenache et le cabernet sauvignon pour les rosés et le chardonnay, le sauvignon et le viognier pour les blancs. Le merlot recule beaucoup en volume pour les vins rouges mais poursuit sa percée en rosé, certes sur des volumes relatifs. En blanc et rosé, les IGP sans cépages accusent également des reculs forts.

 

 

Embouteillage à la commercialisation

 

 

« Durant les trois dernières campagnes, à cette époque, nous avions l’habitude d’avoir tout vendu » se remémore Florian Ceschi, courtier pour Ciatti. Cette année, c’est la douche froide. Le retournement de tendance est bien là : le négoce achète peu car il avait fait ses réserves l’an passé. « Les achats du négoce se sont portés à 5,5 millions d’hl l'année dernière soit 300 000 hl de plus que leurs besoins habituels» indique Pays d’Oc. Il y aurait donc des retards sur les anciens millésimes, certains n’auraient pas encore été livrés à distribution. « C’est comme sur l’autoroute, cela bouche à un endroit, du coup cela produit des ralentissements en cascade » indique Florian Ceschi.

Côté valorisation, le tableau est aussi à la baisse, sans que l'on puisse réellement parler de décrochage. Les prix reculent de 6,3 % en moyenne à 88,18 euros/hl. Les rouges se contractualisent à 87,16 euros/hl en moyenne (-5,2 %), les rosés à 81,44 euros/hl (- 6,4 %) et les blancs à 98,48 euros/hl (-7,6 %). Le cabernet sauvignon en rouge accuse un recul de prix particulièrement marqué, le cinsault et le merlot font de même en rosé. En blanc, c’est le chardonnay qui accuse le revirement de tendance le plus marqué.

 

 

La production cède sur les prix

 

 

Voyant les volumes rester dans les caves, les opérateurs seraient prêts à lâcher sur les prix. « Les caves voudraient vendre et sont prêtes à baisser les prix de façon importante » estime Florian Ceschi. Et le courtier d’estimer, qu’il faut sans doute qu’elles se préparent à avoir à nouveau du stock dans les prochaines campagnes.
Cette tendance baissière peut être nuancée par un point positif, et même encourageant : les retiraisons ne sont pas en retard. « Les volumes contractualisés sont chargés dans le mois » assure Florian Ceschi. Inter Oc enregistre 5 707 000 hl sortis de chais en janvier, soit une très légère hausse de 1 % sur onze mois glissants. Par ailleurs, sur les six premiers mois de la campagne, elles progressent de 5 %. Contrairement à la tendance observée sur la contractualisation, les blancs enregistrent une hausse de 3,3 % sur les volumes sortis à 44 800 hl. Les rouges progressent de 1,2 % à 36 600 hl, les rosés sont en retard, baissant de 2,6 % à 34 700 hl.

 

 

Le bio tire son épingle du jeu

 

 

Autre point positif, certains vins connaissent de belles orientations positives. « Un merlot haut de gamme s’échange à environ 90 à 100 euros. Les vins bios et médaillés sont valorisés entre 25 et 30 % par rapport à leur homologue standard » constate Florian Ceschi. Son témoignage corrobore d’ailleurs les bons résultats des IGP bios enregistrés par Inter Oc. 121 214 hl sont contractualisés, en hausse de 10 %, pour un prix moyen de l’hectolitre de 130,21 euros/hl en hausse de 3 %.

 

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